Le joli mois de mai, c’est le mois du muguet, de la fête du travail, de la commémoration de la victoire des alliés, et c’est aussi le mois des … ponts. En général, ceux qui travaillent aiment bien le mois de mai, tout au moins ceux qui ne sont pas d’astreinte de par leur métier. Et justement, le pont le plus long c’est celui de l’Ascension, car le jour de l’Ascension est toujours fêté un jeudi : mais pourquoi un jeudi ?
Il est écrit au livre des Actes (1, 3) qu’après sa mort et pendant quarante jours « Jésus leur apparut et leur parla du Royaume de Dieu ». C’est en se basant sur cette durée de 40 jours après Pâques (sa Résurrection) – que l’Église célèbre par le dimanche de Pâques – que nous arrivons à un … jeudi. Le livre des Actes poursuit (1, 9) : « après ces mots, Jésus s’éleva vers le ciel pendant que tous le regardaient puis un nuage le cacha à leurs yeux ». Il peut paraître étonnant que pendant ces 40 jours Jésus soit apparu à plusieurs reprises à ses disciples, mais qu’il ne se soit pas montré aux foules comme lors de son ministère terrestre.
Son ministère jusqu’à sa crucifixion a été public, visible de tous, notamment de ceux qui s’opposaient à lui au point de le faire condamner, mais sa Résurrection l’a été à ses disciples, non seulement les 12 mais jusqu’à 500 disciples selon ce qu’écrit Paul dans sa première lettre aux Corinthiens (15, 6-7) « puis à Jacques puis à tous les Apôtres ». Pourquoi ? Pourquoi Jésus n’a-t-il pas saisi en quelque sorte l’occasion de montrer à ceux qui l’avaient fait condamner ou à Pilate, qu’il était ressuscité ? Pourquoi n’a-t-il pas cherché à prouver à tous qu’il était revenu à la vie ? « I’m back », comme au cinéma !
Jésus s’est montré à des disciples à différents moments pour leur parler du Royaume de Dieu (Actes 1) mais cela n’avait rien de spectaculaire. Car son Royaume n’est pas de ce monde. Jésus n’est pas venu pour conquérir le monde mais vaincre la puissance du péché par sa mort et sa Résurrection et bâtir Son Eglise chargée de l’annoncer à ceux qui croiraient y compris deux mille ans plus tard, dans le monde entier …
L’Ascension est un évènement spectaculaire mais décrit avec peu de mots par Luc dans la fin de son Evangile comme dans le début du livre des Actes : l’important n’est pas que Jésus ait en quelque sorte quitté le sol, on n’est pas au cinéma dans un film rempli d’effets spéciaux. Ce que Luc veut montrer c’est que Jésus a auparavant enseigné ses disciples sur le Royaume de Dieu et recommandé d’attendre l’Esprit promis en restant à Jerusalem. Pourquoi fêter un départ ?
En fait il s’agit plutôt de fêter un point de départ : l’Ascension ouvre le temps des témoins et de l’Église lorsque 10 jours après les disciples réunis recevront le Saint Esprit promis pour devenir de courageux témoins de l’Evangile. Jésus a dit lui-même (Jean 16:7-8) : « Il est avantageux pour vous que je m’en aille car si je ne m’en vais pas le consolateur ne viendra pas vers vous ; mais si je m’en vais je vous l’enverrai. Et quand il sera venu, il convaincra le monde… » Et comment le fera-il ? Par chacun de nous !

