Un amour différent, un amour qui transforme[i]

Groupe uni qui se tient par les épaules

« Dans la souffrance, vous découvrez un Jésus différent de celui que vous connaissez dans l’aisance. La souffrance vous oblige à faire face au côté le plus faible de votre personnalité. Vous serez brisé, mais en fin de compte, l’épreuve portera des fruits car vous réaliserez que le Christ vous aime malgré votre faiblesse. » Un chrétien égyptien.

Âgé d’une trentaine d’années à peine, ce jeune égyptien savait de quoi il parlait. Issu d’une famille musulmane, il s’était converti au christianisme. Il fut arrêté et jeté en prison au début des années 1990, puis torturé… on le descendit, par une ouverture au ras du sol, dans une cellule étroite et sans lumière. Là, on le laissa pendant trois mois. Cette cellule était surnommée par les prisonniers L’expérience. Comme les autres prisonniers, il n’en ressortit pas indemne. « Je suis sorti de là brisé, faible et sanglotant. Assis dans le silence et l’obscurité, à n’entendre que mon propre souffle, j’expérimentais ce que Saint-Antoine ressentit dans le désert : tous mes péchés, toutes mes faiblesses inondaient mon esprit de façon oppressante et je me rendais compte à quel point j’étais faible. Je ne pouvais même pas en émerger l’air triomphant. Tout ce qui faisait ma fierté était devenu un sujet de honte. Même mon témoignage devint un sujet de honte. » (Cet homme était un fondamentaliste musulman avant de se convertir avec un fort témoignage. Ndlr)

Pourtant, c’est précisément ce qui, plus tard, le remplira de joie : « Aucun sentiment au monde n’est semblable à ce que l’on ressent lorsqu’on se retrouve face à son péché dans toute son horreur mais que, en même temps, on découvre et on mesure que cela ne change rien à l’amour du Christ pour nous. » C’est cela la force de la faiblesse concrètement vécue : un homme jeté dans un trou nauséabond, dépouillé de tout amour propre, mais qui en ressort cependant plus humain parce qu’il a su s’accrocher à la seule chose importante qui fait de nous des êtres différents : l’amour de Dieu pour nous.

Voilà ce que produit la faiblesse. Elle nous oblige à accepter l’amour de Dieu à un point qu’il nous transforme radicalement, nous faisant passer d’une position d’auto-dépendance à celle de la dépendance de Dieu. C’est pour cette raison que les personnes persécutées expriment plus l’amour et semblent être plus généreuses. Elles ont passé par ce processus… L’apôtre Paul se distinguait des supers apôtres de Corinthe en ce qu’il se glorifiait de sa faiblesse (2 Corinthiens 12: 9,11). De même, nous devons apprendre de nos frères persécutés et prier comme le faisait une chrétienne connue, à Norwich, qui disait : « Éprouve-moi, Seigneur, car ce n’est qu’au travers des blessures de l’épreuve que je puis recevoir ton amour qui guérit. »


[i] Leçons de souffrance – Portes Ouvertes – A l’écoute de la sagesse de l’église persécutée – Alex Buchan – Coédition Portes Ouvertes et ligue pour la lecture de la Bible – 2002 pp 23-25.