Mai 2021 - DROIT DE CROIRE

Pierre et Jean, après avoir été relâchés, ils allèrent vers les leurs, et racontèrent tout ce qui leur était arrivé. Lorsqu'ils l'eurent entendu, ils élevèrent à Dieu la voix tous ensemble, et dirent : Seigneur, vois leurs menaces, et donne à tes serviteurs d'annoncer ta parole avec une pleine assurance. (Actes 4.23-29)

Ces derniers temps, l'environnement religieux est bouleversé. L'étude de la réforme de la loi sur les principes républicains a mis en échec les droits civils liés aux pratiques religieuses et cultuelles. Aussi étrange que cela puisse paraître, dans la France du XXIe siècle, la liberté religieuse serait remise en cause, mettant en danger toute manifestation suggérant l'annonce de notre foi, le droit de professer sa foi et de réunion. Les événements qui ont déclenché cette nouvelle situation, et les soupçons du gouvernement sur des pratiques douteuses qui, en effet, peuvent porter atteinte aux valeurs de la République, ne nous concernent pas, mais ils nous affectent ; il ne serait pas étrange que nous souffrions de "dommages collatéraux".

Nous pourrions nous attarder sur un débat plein de technicités juridiques et politiques que la plupart d’entre nous ignorent, sur ce que signifie vraiment jouir de la liberté religieuse, quelle est sa véritable portée et les éléments plus ou moins subjectifs de cette loi. Nous ne pouvons que nous résigner à la réalité : il est probable que nos libertés seront restreintes sous le contrôle programmé de l'État, en ce qui concerne les pratiques religieuses, le contenu doctrinal, l’origine et la gestion des ressources, le financement des activités etc... Il ne serait pas étrange que l'image de la "religion protestante" se dégrade, encore plus sous l'influence biaisée et manipulatrice des médias ; nous trouvons exaspérant que l'on pense que le peuple évangélique puisse devenir « une minorité soupçonnée de résister à la loi, réactionnaire, vindicative ou violente ».

Nous apprécions et tenons à remercier et à prier avec ferveur pour le travail acharné du CNEF, l'institution qui nous représente, elle se bat en ce moment pour défendre nos droits constitutionnels. Nous avons eu comme sujet de prière (aux GMP et à la réunion de jeûne et prière) : que Dieu donne la sagesse aux organes gouvernementaux (Commission mixte paritaire, Conseil constitutionnel et Conseil d'État) pour analyser et évaluer le texte de la loi de telle sorte qu’il n'y ait aucun impact négatif sur le développement de nos activités cultuelles.

Alors, et sinon ?

Je ne veux pas être alarmiste, plutôt réaliste. Je crois fermement que nous sommes confrontés à un panorama social/religieux sans précédent dans ce pays. Dans le texte du livre des Actes des apôtres, les apôtres Pierre et Jean avec toute l'église réunie n'ont pas prié Dieu pour être libérés de l'oppression, mais pour être renouvelés dans leur force afin de prêcher le message de l'évangile avec une pleine assurance ! (Act 4, 29). Nous sommes invités à relever le défi. Il est inutile d'adopter une attitude victimaire. Nous, évangéliques, avons amplement démontré que nous sommes guidés par un Esprit de paix, d'amour du prochain, de tolérance et d’espérance. Nous n'avons rien à cacher, ni à avoir honte, bien au contraire !

Or, l'axiome « chrétien = persécuté » n'est pas une simple anecdote biblique, mais une réalité à laquelle, tôt ou tard, nous devrons faire face (2 Tim 3, 12). Tout comme nous l'avons appris (cf. prédication de Christian), la persécution est un processus qui commence par des moyens pas trop dérangeants, mais tout aussi dommageables : le mépris, la méfiance, l'isolement, la moquerie, le harcèlement, l'insulte, le faux témoignage ; toutes ces formes d'attaques essaieront d’affaiblir notre foi. Ce n'est pas le moment de se détendre, mais de rester fermes dans les valeurs qui nous identifient. Il nous appartient de serrer les coudes, de rester unis, de renforcer nos liens d'amour fraternel, d'être fermes dans la foi et persistants dans la prière pour que le Seigneur réveille son Église, et vivre peut-être, un retour aux valeurs fondamentales de notre foi, pour lesquelles beaucoup de nos frères souffrent et donnent leur vie, dans des pays trop éloignés de nous, à tel point que nous y devenons, peut-être, insensibles.

« Car ce n’est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de sagesse. N'ayez pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur ; partagez les afflictions pour l'Évangile selon la puissance de Dieu, qui nous a sauvés et appelés, parce que c'est à cause de l'Évangile du Christ que nous souffrons. Je n’en ai point honte parce que je sais en qui j'ai cru. Fortifiez-vous dans la grâce qui est en Jésus-Christ. Alors souffrez des épreuves en tant que bons soldats de Jésus-Christ « (2 Tim ch.1, ch.2).

L'affirmation « Je n'ai pas honte de l’Évangile » (Rom 1, 16) a une portée qui va au-delà du simple fait de se déclarer chrétien, mais qui implique aussi de défendre notre foi, notre visions du monde, nos habitudes familiales et communautaires. Les valeurs du Royaume sont sublimes, et de loin supérieures à celles de la République, mais pas incompatibles, plutôt inspirantes : « ce n'est qu'à travers la Bible, que la devise française Liberté-Egalité-Fraterité peut être pleinement accomplie, puisque le Christ est le seul libérateur qui établit une égalité parfaite et une fraternité éternelle » (Edouard Nelson). Quelle que soit l'issue de ce débat juridique, si nous sommes unis au Christ, nous continuerons à donner son message de salut et d’espérance au milieu des questions essentielles de nos contemporains, malgré les circonstances les plus hostiles. Rien n'empêchera notre droit de croire et de proclamer notre foi.

P.E.

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