Mai 2020 - ANGOISSE BENEFIQUE ?

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que nous vivons une période anxiogène. Tout le monde essaye d’imaginer ce que sera demain après le dé-confinement, la sortie de la crise. Les changements provoqués par la lutte contre le virus vont ils durer ? On essaye d’imaginer comment reprendre le contrôle pour éviter la peur et la panique. Certaines personnes parlent de remise en question fondamentale, d’un changement inéluctable. La peur, la crainte, l’incertitude, face au risque d’être contaminé par un virus que nous ne savons pas encore vraiment soigner, la restriction de nos libertés pour essayer de se préserver et préserver les autres, la mise en place de mesures barrières et de distanciation sociale prolongées vont modifier notre vie en société de manière durable même jusque dans nos relations familiales. De plus, l’impact de cette crise sanitaire va se transformer en crise économique durable ; je ne vous étonnerai pas en vous disant que la consommation d’anxiolytiques est en forte augmentation dans notre pays du fait de cette situation.

Nous ressentons tous à des degrés différents de la crainte, de l’anxiété, de l’angoisse face à l’inconnu. Est-ce normal ? Quoi de plus naturel que de ressentir de l’angoisse devant un risque vital, un danger quelconque ! La situation que nous vivons nous révèle la fragilité et le prix de la vie, pour nous, nos proches et tous les humains, c’est donc une réaction normale. Dans Luc 2, 48 Marie adresse un reproche à Jésus, âgé de 12 ans, alors qu’il avait disparu depuis trois jours dans le temple de Jérusalem : "nous te cherchions avec angoisse". Que faire d'un tel sentiment d’anxiété ? Je crois que cette situation peut nous être bénéfique, en nous permettant de nous adapter rapidement à une situation, en mobilisant notre énergie et notre action. C’est le cas par exemple de l’athlète qui a besoin d’un peu de stress pour gagner une course, la gestion de ce stress lui permet d’optimiser sa performance pour gagner. Mais cette situation de stress peut aussi être destructrice, quand elle est excessive, elle provoque alors une grande perturbation dans notre être jusqu’à entraver le déroulement normal de la vie et entrainer une terrible dépression. Elle peut aussi devenir une faille exploitée par l’ennemi pour nous éloigner de Dieu par le doute, l’incrédulité.

Le roi Saül avait peur pour sa royauté, peur de David, peur de ses ennemis. Son éloignement de Dieu l’amena à sombrer dans la déchéance en consultant une nécromancienne, et il finit par se suicider au combat avec sa propre arme. Devons-nous redouter l’angoisse qui nous saisit ou plutôt la considérer autrement, comme créatrice et stimulante dans une vision juste de Dieu et de son amour révélé dans le sacrifice de Jésus sur la croix ? Dans l‘évangile nous voyons Jésus faire face lui aussi à l’angoisse. En effet, le chemin qui conduit Jésus au sacrifice sur la croix s’accompagne d’un combat intense avec cette angoisse. Cela commence dans le jardin de Gethsémané où jésus ressent une pression énorme par rapport aux événements qu'il va devoir affronter. Ainsi en Math 26,37 "il commença à éprouver des frayeurs et des angoisses... mon âme est triste jusqu’à la mort". Comment Jésus allait il réagir ? Plus l’angoisse l'étreignait, plus il redoublait de prière, cherchant un refuge dans la présence de son Père. Dans ce temps de prière (Math 26, 39.42.44) par trois fois il est dans une lutte intérieure intense : « Mon père, s’il n’est pas possible que cette coupe s’éloigne de moi sans que je la boive, que ta volonté soit faite ». A ce moment là, son instinct de conservation s'apaise pour se transformer en un abandon volontaire et confiant à la volonté du Père : « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ».

Dans son triomphe sur la croix, Jésus prononce trois paroles surprenantes alors qu’il est Dieu et qu'il affronte la mort. En Math 27, 46 « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » ; en Jean 19, 18 « J’ai soif » ; Math 27, 50 « il poussa un grand cri (Jean 19, 30 « Tout est accompli ») et rendit l’esprit ». Jésus affronte dans la mort la réalité qui lui est la plus opposée et étrangère à sa nature. Lui, le Dieu vivant rencontre la mort, lui, le Dieu d’Amour connait la solitude absolue, coupé de toute relation. Jésus a connu l’angoisse devant l’inconnu, l’angoisse de l’abandon. Il l’exprime sans honte, mais jusqu’au bout son attention demeure focalisée sur l’Ecriture et sa mission qu’il accomplit point par point. Même dans cette situation, il se préoccupe de sa mère, de l'apôtre Jean (Jean 19, 26-27) et du brigand crucifié à ses côtés (Luc 23, 43).

Quand nous sommes assaillis par l’angoisse, ces paroles à la croix nous invitent à placer notre confiance en Jésus qui a connu les affres d'une telle expérience. Il n’y a pas lieu d’avoir honte d’éprouver de l’angoisse dans une situation difficile ou anxiogène comme celle que nous vivons. Il nous faut simplement l’exprimer dans la prière et la donner à Jésus qui peut nous libérer de ce fardeau qu’il a porté à la croix. C’est par son obéissance accomplie qu’il nous libère de l’étreinte de nos angoisses. Il nous appelle à affronter dans la vérité l’origine de nos craintes, notre péché, tout ce qui peut nous séparer de lui et ainsi tout abandonner sur la croix, dans la confiance en cherchant en Dieu un refuge et notre délivrance. Il nous donnera sa paix.

Jésus le ressuscité par sa victoire sur la croix nous engage dans une victoire sur les circonstances défavorables. Il nous appelle à la mission qu’il nous a confiée, être des témoins de son Amour. Ici ou à l'autre extrémité du monde, au XXIème siècle comme au premier temps de l'ère chrétienne, rien n'a changé, les situations se répètent « Jésus Christ est le même hier aujourd’hui et éternellement ». Il n’y a pas l’ombre d’une variation en Dieu, sa grâce, sa bonté et sa fidélité ne changent pas malgré les circonstances. Nous avons l’habitude de le dire et même de le chanter mais chacun sait, pour l’avoir vécu, que c’est souvent dans l’épreuve que la vérité de la parole se révèle à nous. La foi commence quand nous avons épuisé toutes les solutions humaines, que nous réalisons que nous sommes démunis, c'est alors que nous comprenons que tout devient possible à Dieu. N’est-ce pas le cas de la situation que nous traversons ? Comme le capitaine d’un navire a besoin d’une boussole pour tenir le cap et pour être sûr d’arriver à bon port, de même nous avons besoin de fixer nos regards sur le Christ : Ps 34, 5-7 « j’ai cherché l’Eternel et il ma répondu, il m’a délivré de toutes mes frayeurs ».

Trouvons notre refuge en lui dans la lecture, la méditation et la prière. Profitons du temps qui nous est accordé pour être renouvelés dans sa présence, laissons-nous inspirer par son Esprit. L'opportunité nous est donnée de mettre en œuvre d’une nouvelle manière nos dons et nos talents pour le service dans l’église et la société. Actes 13, 47 « car ainsi nous l’a ordonné le Seigneur : je t’ai établi pour être lumière des nations, pour porter le salut jusqu’aux extrémités de la terre ». Que Dieu utilise ce temps pour nous rapprocher de lui afin de dépendre de lui car sans lui nous ne pouvons rien mais lui peut tout. Que sa lumière brille en nous pour le salut dans ce monde. Ne nous laissons pas envahir par trop d'informations qui alimentent le stress et l'angoisse. Protégeons-nous comme il nous est recommandé et marchons sans crainte avec lui jour après jour. Dieu sait le chemin d’avance : Esaïe 12, 2 « je ne craindrai rien, l’Eternel est ma force et le sujet de mes louanges ».

D.C.

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