Vous avez dit adhésion ?

De nos jours de nombreux chrétiens s'interrogent sur la légitimité d'adhérer à une église locale (certains disent "appartenir"), quelle qu'en soit d'ailleurs la forme, l'organisation ou le style liturgique, car là n'est pas la problématique de fond. Se poser des questions sur des sujets bibliques est toujours une bonne chose quand on veut donner du sens à ses choix de vie ou quand on veut avoir de bonnes raisons (= arguments) de croire que ce que l'on croit est fondé, c'est à dire biblique. Une conviction ne peut se construire que si elle a été auparavant bien pensée, et de fait la personne qui portera cette conviction en sera d'autant plus convaincue que c'est elle qui l'aura saisie. "Saisie"en pleine-conscience et intelligence, et donc en posant un acte pas simplement consenti mais voulu, voilà ce qui fait de nous des êtres responsables : " Si je ne suis pas moi, qui le sera ? ". Donc la question est pertinente : pour quelle raison biblique devrais-je adhérer à une église locale (= devenir membre) ?

Jonathan Leeman, affirme que ce n'est pas tant une question d'adhésion que de soumission qui est en jeu sur ce sujet de l'église locale. Voici en l'occurrence ce que cet auteur affirme : "Cessez de chercher dans la Bible des indications concernant un club et ses membres bénévoles. Recherchez-y plutôt un Seigneur et son peuple, dont les membres sont liés les uns aux autres... La notion d'adhésion à une église locale se trouve-t-elle dans la Bible ? Si on sait ce qu'il faut chercher, elle y est partout présente". Au moins, ça le mérite d'être clair.

Bien des choses que nous faisons dans notre quotidien et, en définitive tout ce qui touche à notre vie sociale, impliquent de notre part une certaine soumission, qu'on appelle cela de la redevabilité, du travail d'équipe, du leadership, du management, des entretiens professionnels d'évaluation auprès d'un chef de service, du respect des règles dans un foyer, du code de la route, d'actes citoyens, du vivre-ensemble etc... En réalité, de notre naissance à notre mort nous sommes constamment aux prises avec cette réalité : nul n'est une île. Nous ne sommes pas des êtres-jetés-au-monde sans aucun lien structurel avec d'autres êtres humains (selon le philosophe M. Heidegger 1889-1976), Dieu nous a créés comme des êtres-avec : "Il n'est pas bon que l'homme soit seul" (Gn 2, 18) "Celui qui se tient à l'écart recherche son propre désir ; il se déchaine contre toute raison" (Pr 18, 1) " L'œil ne peut pas dire à la main je n'ai pas besoin de toi, ni la tête dire aux pieds je n'ai pas besoin de vous. Bien au contraire..." (I Cr 12, 21). Ce dernier texte touche à la réalité de la vie des membres d'une église locale. Dans ce passage, Paul ne parle pas ici de l'unité du corps de Christ invisible (l'Eglise universelle) mais de l'unité qui doit se vivre concrètement et dans la durée au sein d'une église locale, quelle que soit son organisation ou son importance numérique. C'est à une soumission mutuelle bien incarnée que l'apôtre nous convie. Soumission faite de respect, d'écoute, d'altruisme, de réciprocité et de loyauté, "en disant la vérité dans l'amour nous croitrons à tous égards" (Eph 4, 15). Soumission dans la recherche de l'intérêt général "le corps tout entier, bien coordonné et uni" (Eph 4, 16).

Contrairement à ce qu'enseignent certains détracteurs, le cadre voulu et donné par Dieu pour la croissance spirituelle du disciple est bien l'église locale. En effet, nous ne trouvons pas dans la Bible l'emphase que nous mettons aujourd'hui sur ce qu'on nomme le "culte personnel" (???). Dans la recherche fraternelle de vis-à-vis et dans un engagement responsable au sein d'une communauté chrétienne, nous expérimentons une véritable croissance dans la grâce, un épanouissement spirituel. Il est possible que certaines appréhensions à vivre cette vie d'église proviennent d'une quête de liberté alimentée par la peur d'être embrigadé. Je peux comprendre. En soi la liberté du chrétien au regard de toutes formes de contrôle malsain de la vie privée ou de légalisme est à protéger, "c'est pour la liberté que vous avez été affranchis" (Gl 5, 1). La question est plutôt, pourquoi devrions nous croire que notre liberté chrétienne pourrait être entravée dans le cadre d'un engagement public et responsable dans une église locale ? D'où proviennent ces craintes ? Nous devons nous poser ce genre de questions chaque fois que nous hésitons face à une décision, un engagement, un changement de vie : pourquoi ai-je peur ? Quelle est la raison de ma résistance ? Pourquoi, sur ce point précis, je suis toujours en mode protectionniste ?

Il est possible que ces réticences proviennent d'un manque d'enseignement biblique, d'une mauvaise théologie biblique sur l'église, d'une expérience passée troublante ou tout simplement d'un refroidissement spirituel. D'autres, plus convaincus et militants, pensent qu'on peut vivre une vie chrétienne pleinement satisfaisante sans vie d'église. Que se cache-t-il derrière cette idée ? A chacun de répondre. Cependant, une lecture attentive de la Bible devrait nous donner une direction claire : "Voici ma mère et mes frères... Ils étaient assidus à la communion fraternelle... Le Seigneur ajoutait chaque jour à la communauté ceux qu'il sauvait... le bruit en parvint aux oreilles des membres de l'église... Barnabé et Paul se réunirent aux assemblées de l'église... Hérode se mit à maltraiter quelques membres de l'église... Ils convoquèrent l'église... Après avoir été accompagné par l'église...Ils furent reçus par l'église... Assemblés avec la puissance de notre Seigneur Jésus... Lorsque vous vous réunissez en assemblée". Il ressort de façon évidente de tous ces textes que les chrétiens des premiers temps utilisaient le mot église au sens local pour s'identifier à leur vie en commun. "Cette assemblée réunie a semble-t-il le pouvoir de faire des choses, de prendre des décisions et de faire des déclarations au nom du Seigneur Jésus." Rien d'étonnant quand on se rappelle les paroles de notre Seigneur Jésus "Je bâtirai mon Eglise et les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre elle" (Mt 16, 18). Si c'est SON église et que c'est LUI qui bâtit, raison de plus pour nous débarrasser des faux scrupules et de nos craintes paralysantes pour nous engager les uns vis à vis des autres à son service, en tenant compte de l'avertissement que  l'apôtre Paul adresse aux chrétiens de l'église de Corinthe "que chacun prenne garde à la façon dont il construit" la communauté (I Cr 3, 10).

T.R. 

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